Il existe une autre adresse rue du Château qui vaut bien une halte!

A quelques enjambées de la très médiatisée Assiette, se cache une autre adresse plus confidentielle, plus accessible aussi, le Château poivre. En rachetant le lieu il y a un peu plus d’un an, Martin Pompeo réalise son rêve, ouvrir un restaurant qui proposerait une cuisine simple, goûteuse et travaillée, privilégiant les produits frais et de saison. Entièrement rénové, l’endroit a conservé son esprit bistrot. Martin Pompeo peut être satisfait de la métamorphose. Cet autodidacte de 37 ans a la passion de la cuisine depuis toujours. Ses parents arrivés de Sicile deux ans avant la naissance de leur fils, tiennent encore un petit restaurant familial à Montrouge. Martin apprend en regardant sa mère qui n’hésite pas à « sicilianiser » quelques standards de la cuisine française. Il parfait son apprentissage en fréquentant divers établissements. Il occupe tous les postes jusqu’à celui de directeur de salle chez Christian Etchebest au Troquet.
Aujourd'hui, Martin Pompeo saute le pas et passe aux fourneaux. Bouillonnant d'idées, il nous sert une cuisine réinventée qui rend heureux. J'en ai récemment fait l'expérience..
Confortablement installée près de la fenêtre donnant sur la petite place Moro Giafferi, je fais face aux gravures de Magdalena Angeletou exposées dans le restaurant. Magdalena Angeletou est une voisine, son atelier se trouve un peu plus haut, rue Didot. Son univers poétique et délicat égrène des histoires de gouttes d’eau, d’acrobates, de poissons et de papillons géants. Ses gravures se marient parfaitement avec le lieu. Mes compagnons de bouche ont tous pris place. Les entrées arrivent. La soupe crémeuse de lentilles relevée à la coriandre est un délice. Sa texture et son parfum évoquent le meilleur des soupes thaïlandaises. Avec sa bresaola à la crème de thon et sa marinade de champignons au pistou, ma voisine de gauche dérive voluptueusement vers le sud. Les yeux de Martin Pompeo pétillent de plaisir au spectacle de nos mines réjouies. En plat de résistance, j’opte pour la noix de veau confite en cocotte au thym et au laurier. Une petite cocotte fumante est déposée devant mon assiette. Le convercle soulevé, je découvre un bonheur de petits légumes et de viande fondante. Bien que comblée, je ne peux m’empêcher de lorgner avec envie sur la selle d’agneau et la polenta aux olives noires de ma voisine de droite. Nous commandons une seconde bouteille de Morgon. Le dessert d’abricots poêlés au pain d’épices et au romarin s’en accommode parfaitement. Attentionné et généreux, Martin Pompeo nous ressert de ce merveilleux pain d’épices avec le café.
Dehors, la nuit est fraîche. Octobre n’est plus très loin. Et, l’automne va bientôt s’inviter au menu du Château poivre. Martin Pompeo nous promet des terrines de lapin, des palerons de boeuf au foie gras et des légumes fondants. Nous quittons le restaurant heureux à la perspective de nous y retrouver vite.